C’est la loi du 29 floréal de l’an X (19 mai 1802) qui crée l’Ordre National de la Légion d’Honneur. Cette décoration a été voulue par le 1er consul, Napoléon Bonaparte, pour récompenser les civils et militaires ayant rendu des services éminents à la Nation. Il faut noter que sous le 1er Empire, l’essentiel des promotions le fut à titre militaire.
La Légion d’Honneur a survécu à la chute du 1er Empire et depuis 1830 c’est le premier ordre français.
A chaque changement de régime, cet ordre a subi des modifications qui ont été précisées par des ordonnances, des décrets, des arrêtés ou des lois.
– Modèle de l’Empire 1802-1814 et période des 100 jours : plusieurs types et modèles sont recensés pendant ces deux périodes. Ils ont tous en commun de représenter le profil de l’Empereur en avers et l’aigle au revers avec les mêmes mentions écrites
– Restauration 1814-1815 et après les 100 jours-1830 : tous les symboles de l’Empire disparaissent, l’aigle est remplacé par les fleurs de lys, Henri IV supplante Napoléon 1er. Sous la Restauration, son avenir est discuté et finalement l’ordre est maintenu. Il passe en deuxième position derrière l’Ordre du Lys.
Monarchie de Juillet 1830-1848 : Henri IV est maintenu et les drapeaux tricolores sont préférés aux fleurs de lys. L’ordre redevient la première décoration française.
– 2ème République 1848-1851 : disparition définitive des symboles de l’ex royauté, exit Henri IV au profit de Napoléon Bonaparte 1er consul
– La Présidence 10 décembre 1851 – 2 décembre 1852 : la Légion d’Honneur retrouve quasiment tous les attributs du 1er Empire en attendant la proclamation de l’Empire
– 2ème Empire 1852 – 1870 : la décoration retrouve quasiment les attributs du 1er Empire, les fleurons sur la couronne sont remplacés par des petits aigles
– 3ème République 1870-1940 : la couronne est remplacée par une couronne de feuilles de chêne et de lauriers. A l’avers apparaît l’inscription “République Française 1870” et au revers c’est le retour des drapeaux tricolores entourés de la devise “ Honneur et Patrie”. Il n’y a pas de modifications durant l’occupation allemande et le régime de Vichy (1940-1944).
– 4ème République 1945-1958 : le modèle 3ème République est maintenu jusqu’au décret du 27 février 1951 qui supprime la date de 1870 qui rappelle trop une défaite
– 5ème République depuis 1958 : ce modèle apparaît en fait le 28 novembre 1962, la date de création de l’ordre qui figure est celle du décret initial 29 floréal an X. Le reste de la médaille ne change pas.
Il existe 3 grades et 2 dignité dans l’ordre :
– grade de chevalier
– grade d’officier
– grade de commandeur
– dignité de grand officier
– dignité de grand croix
Le code de la Légion d’Honneur précise dans le détail toutes les nombreuses modalités d’entrée dans l’ordre, les cas particuliers, ainsi que les promotions au grade supérieur et les quotas imposés.
L’ordre a aussi été remis à des unités militaires, à la Préfecture de Police de Paris, au village d’Ascq ainsi qu’à différentes institutions d’enseignement supérieur, secondaires, des communautés, des entreprises et une association la Croix Rouge Française.
Objet de beaucoup de convoitises, la Légion d’Honneur a été au centre d’un scandale politico-financier de trafic de décorations en 1887 qui éclabousse le président Jules Grévy et le pousse à la démission le 2 décembre 1887. La presse de l’époque révèle que le trafic est orchestré depuis l’Elysée par le député de l’Indre-et-Loire Daniel Wilson et gendre du président. L’enquête démontre que des personnalités monnayent et négocient à prix d’or l’attribution de décorations.
A noter une disposition particulière en date du 20 septembre 1995 qui est prise sur proposition du ministre des anciens combattants et victimes de guerre. Le conseil des ministres décidait l’octroi d’office de la Légion d’Honneur à tous les anciens combattants survivants de la Grande Guerre. Ce sont ainsi 2 318 poilus qui sont honorés sous la présidence de Jacques Chirac.