Médaille commémorative de la campagne d’Italie
Pays
FRANCE
Médaille commémorative de la campagne d’Italie
Cette médaille a été créée par décret impérial le 11 août 1859 pour être accordée à tous les soldats, militaires et marins qui ont participé à la campagne d’Italie qui se déroula du 26 avril au 12 juillet 1859 et qui correspond à la deuxième guerre d’indépendance italienne. Les armées franco-sardes affrontent celles de l’Empire d’Autriche. Sa conclusion permet la réunion de la Lombardie au royaume de Sardaigne et jette les bases de la constitution du royaume d’Italie.
La médaille fut décernée la première fois par l’Empereur Napoléon III, sur le champ de bataille italien, le 11 août 1859. Par la suite ce sont les 120 000 hommes qui composaient l’Armée d’Italie qui furent décorés. Il y a des cas très rares où elle fut remise à des soldats piémontais qui furent distingués pour leurs mérites spéciaux envers l’armée française. C’est la moins rare de toutes les médailles attribuées pour des campagnes militaires.
Il existe plusieurs types :
– un premier type fabriqué dans l’urgence par Barre en vue de la toute première remise le jour de la fête de la victoire et de l’empereur, le 15 août 1859. 500 exemplaires ont été fabriqués en une semaine à un diamètre réduit (28,6 mm) et avec la tête de Napoléon dépourvue de couronne de lauriers ainsi que le mot « campagnes » au pluriel au revers.
– un deuxième type : un modèle « réglementaire » signé Barre (exemplaire de ma collection) que l’on trouve avec des variantes : lauriers plats au revers, ou légèrement en relief, ou en fort relief, et aussi avec le poinçon rectangulaire sur la tranche. La tête de l’Empereur est couronnée de lauriers
deuxième type : un modèle à couronne dite des Cent Gardes (qui n’a rien à voir avec le premier type).
plusieurs modèles de fabrication privée (sans signature, signés Sacristain, Fallot, Johnson, etc…)
Au revers du module sont inscrites les 6 batailles de cette campagne : Montebello, Palestro, Turbigo, Magenta, Marignan et Solferino avec la légende « campagne d’Italie 1859 ».
Contexte historique :
Préparée par l’intervention du Piémont en Crimée (1855), la guerre d’Italie est décidée lors de l’entrevue de Plombières entre Napoléon III et Cavour (21 juillet 1858) et confirmée par le traité franco-sarde de Turin des 26 et 28 janvier 1859 (traité de Turin).
Elle est déclenchée par les provocations sardes, auxquelles répond un ultimatum autrichien (23 avril), que repousse Cavour (26 avril). Franchissant alors le Tessin à la tête de 250 000 Impériaux (29 avril), le général Giulay tarde à marcher sur Turin, que ne protègent que 50 000 Piémontais. Il laisse ainsi ces derniers se regrouper autour d’Alexandrie avec les 116 000 Français qui arrivent par les cols du Mont-Cenis et de Montgenèvre ou par les ports de Gênes et de Livourne, où ils débarquent respectivement à partir des 1er et 25 mai. Contraints de se replier, les Autrichiens sont vaincus à Montebello (20 mai), à Palestro (31 mai) et à Turbigo (3 juin) par des adversaires utilisant pour la première fois le transport ferroviaire. Défait par le général Mac-Mahon au terme d’une rencontre surprise à Mangenta (4 juin), Giulay se retire derrière le Mincio.
Tandis que Napoléon III et Victor-Emmanuel entrent triomphalement à Milan et que le premier lance une proclamation « Aux Italiens », les troupes françaises battent à Melegnano (8 juin) l’arrière-garde autrichienne (18 juin). Prenant alors le commandement direct des 163 000 Autrichiens retranchés dans le quadrilatère de Mantoue, François-Joseph 1er pense vaincre les 138 000 Franco-Piémontais. Mais, après la rencontre inopinée et sanglante de Solférino (24 juin), le vainqueur, Napoléon III, décide de signer l’armistice de Villafranca (8 juillet), par peur d’une intervention militaire prussienne sur le Rhin. Après une rencontre des deux empereurs dans cette localité (11 juillet), ceux-ci y concluent, avec le roi de Piémont, les préliminaires de Villafranca (12 juillet), dont les clauses seront confirmées par le traité de Zurich (10 novembre) au grand mécontentement des Italiens (dont Cavour, qui démissionne le 12 juillet). Cette campagne a surtout déclenché le processus de l’unité italienne et rendu possible la réunion de la Savoie et de Nice à la France.
